Exposition "Communautés en résonance" au Palais de l'Athénée
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Exposition "Communautés en résonance", Palais de l'Athénée, Genève, juin 2026

Du 1/05/2026 au 4/07/2026

Exposition "Communautés en résonance" au Palais de l'Athénée

À n’en pas douter, Tony Morgan serait ravi d’être à nouveau exposé à l’Athénée 33 ans après son solo show, et plus encore que l’invitation vienne d’un curateur qui porte un nouveau regard sur son travail.

Il figure parmi les ainé.es de cette exposition collective et intergénérationnelle réalisée par Danniel Tostes, lauréat de la 2e résidence de recherche curatoriale Salle Saint-Ours. Les œuvres de Stéphane Landry et de Tony Morgan créent un lien avec les expositions de la classe des beaux-arts, assurent une continuité entre passé et présent et rappellent l’importance de la société des arts à Genève.

Danniel Tostes a choisi quatre peintures exposées en 1993 et ajoute deux reliefs, entre peinture et sculpture datant de la même période et encore jamais sorties de l’atelier.

Ce choix est non seulement respectueux de l’histoire mais aussi de l’œuvre de Tony Morgan. Travaillant sur la notion de communauté, s’intéressant aux questions de genre, il aurait-été tentant de convoquer Herman – double androgyne de Tony Morgan - et de tendre vers une« queerness » qui n’était ni son histoire ni son propos. Herman est maquillé comme les pop star des années 70, c’est un personnage, comme RRose Sélavy, ni plus ni moins. Et pourtant, comme nous l’a appris Duchamp, le regardeur fait aussi l’œuvre, si bien qu’une interprétation queer serait aussi valable.

 

Alors que les autres œuvres exposées sont essentiellement figuratives, celles de Tony Morgan viennent en contre point. Issues d'un travail d’atelier débuté à Genève en 1988, elles présentent différentes formes d’abstractions : géométriques, paysages abstraits simplifiés ou écritures gestuelles. Deux assemblages colorés fait de morceaux de toile peints et montés sur des structures métalliques plus géométriques, assez légères, détachées du mur sont une prémisse des« shaped canvases », série que Tony Morgan intitule « Objets », et une déclinaison d’un travail débuté à Amsterdam, son dernier lieu de séjour avant son arrivée à Genève en 1988. La très petite dimension de son logement-atelier le contraint alors à explorer des formats adapté au lieu, et il puise dans son environnement - en particulier le célèbre marché à la rue Albert Cuyp, au pied de son immeuble - des matériaux qui vont être le support de ses toiles : fond de caisse de légumes, structures métalliques...

Ces recherches, plutôt picturales et formelles, ne sont qu’un volet du travail de Tony Morgan qui entre en résonance avec les autres artistes par bien d’autres points communs. Le corps très présent dans l’exposition est aussi fondamental dans son œuvre. Alors reconnu pour ses sculptures on le voit dans une vidéo de 1975 – dont il est l’un des pionnier - avaler une boulette de papier proclamant ainsi - en 1« intégrant la sculpture dans mon corps »- le corps comme matériau. Il le met en jeu dans des performances, certaines face au public et en le faisant parfois participer, d’autres enregistrées et présentées dans des moniteurs. Enfin Tony Morgan endosse le rôle de Herman, incarnation pour laquelle il se forme à l’art du mime.

Tony Morgan est lui aussi arrivé à Genève après un périple international. Rejoignant Rome depuis Londres à pied en 1960 –ce qui constitue en fait une performance inaugurale – il fait à l’instar des artistes anglais du XVIIIe son grand tour en Italie, Rome, Florence, mais aussiParis, Amsterdam, Düsseldorf et New-York où est né Herman. Cette forme de migration artistique pour rejoindre des scènes et des communautés de pensée a pris à Genève où invité en résidence, il s’est finalement installé. Il a fondé une famille mais a toujours parlé de ses familles, constellation qui ne sont pas étrangères aux communautés, prisme qui sous-tend la recherche de Danniel Tostes.

Enfin I am not an american, vidéo réalisée en 1996 où Tony Morgan gravit les escaliers de la Statue de la Liberté en déclamant ce leitmotiv et une peinture où la même phrase répétée occupe la toile et dont les couleurs ne sont pas sans rappeler le dripping, constituent une prise de position contre l’hégémonie Américaine. Il dénoncera par une installation les exactions de la junte Birmane et fera avec les étudiante-x-s desBeaux-arts de Dakar une performance pointant les menaces de guerre liées au contrôle des ressources pétrolières. Proche du mouvement Fluxus, il a lié vie et art et a développé un art politiquement et socialement engagé qui entre en totale résonance avec les préoccupations actuelles.[CS5] 

 

Claude-Hubert Tatot, Président de l'Association TMStudio

1 «Who the hell is Herman anyway», - Tony Morgan 1960-1977, Tony Morgan, Ed. Qui Quand Quoi, 2003

Communautés en résonance
Commissariat : Danniel Tostes

Jusqu'au 4 juillet
Société des Arts de Genève – Palais de l'Athénée
Entrée libre

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